vous êtes à : >> Questions et réponses
Voici les réponses aux questions les plus fréquemment posées. Une grande partie de ces questions/réponses peuvent s'appliquer également à l'aquariophilie tropicale.
L'AQUARIUM / L'EQUIPEMENT / L'ENTRETIEN
Pourquoi recommande-t-on généralement un minimum de 40-50 litres d'eau par poisson rouge ?
Que veut dire : "siphonner le gravier d'un aquarium" ?
L'utilisation d'un conditionneur d'eau lors des changements d'eau est-elle absolument indispensable ?
Doit-on passer la mousse du filtre sous l'eau du robinet pour la nettoyer ?
Est-ce qu'un aérateur est vraiment indispensable ?
LES POISSONS ROUGES
Quelle est la durée de vie d'un poisson rouge ?
Comment reproduire mes poissons rouges ?
Comment distinguer les mâles des femelles ?
Puis-je associer des poissons rouges communs à des variétés à longs voiles ?
Combien de distributions de nourriture par jour ?
Est-ce qu'un aérateur est vraiment indispensable ?
Au secours ! Mon poisson rouge japonais flotte à la surface, dans l'impossibilité de replonger ou bien nage erratiquement, incapable de contrôler sa direction !!!
Je possède un aquarium d'une cinquantaine de litres aves 4 poissons rouges adultes et un combattant : plusieurs de mes poissons ont attrapé des points blancs ...
L'EAU ET LE CYCLE AZOTÉ
Qu'est-ce que le cycle de l'azote ?
Comment tester l'ammoniaque et les nitrites ?
Quelles sont les causes de la présence d'ammoniaque et de nitrites dans un aquarium ?
Mon test d'ammoniaque indique que celui-ci existe sous deux formes différentes : qu'est-ce que cela signifie ?
Qu'est-ce qui peut permettre d'accélérer la mise en place du cycle de l'azote ?
L'utilisation d'un conditionneur d'eau lors des changements d'eau est-elle indispensable ?
La chloramine : qu'est-ce que c'est ?
Le chlore est-il aussi néfaste à la colonie de bactéries bénéfiques présentes dans mon aquarium ?
Quels espaces sont prioritairement colonisés par les bactéries ? Combien d'espèces de bactéries entrent dans le processus d'oxydation de l'ammoniaque ?
Quels types d'eau sont à proscrire en aquariophilie ?
Le pH : qu'est-ce que c'est ?
Qu'est-ce qu'un taux "acceptable" d'ammoniaque et de nitrites ?
Puis-je ajouter du sel pour aquarium ? Quelle quantité ? En quoi est-ce bénéfique ?
A quoi sert le charbon actif ?
LES POISSONS ROUGES EN BAC PLANTÉ
LES POISSONS ROUGES ET LES AUTRES POISSONS
Peut-on associer des poissons tropicaux à des poissons rouges ?
Pourquoi recommande-t-on généralement un
minimum de 40-50 litres d'eau par poisson rouge ?
Les poissons rouges produisent un très grand nombre
de déchets organiques. Ceux-ci tendent à se concentrer davantage
dans les petits volumes, ce qui altère la santé des poissons
à plus ou moins long terme. De plus, dans la mesure où le poisson
rouge est un poisson d'eau froide ou tempérée, la filtration
biologique, basée sur l'action de milliards de bactéries colonisant
à la fois le filtre, le gravier et le décor, est relativement
moins efficace parce que les températures sont plus basses. Tout ceci
plaide en faveur d'un volume adéquat et d'un filtre efficace, afin
de permettre aux poissons de grandir convenablement, de montrer leurs plus
belles couleurs et de vivre plus longtemps. Les poissons élevés
en bocal ou en mini-aquarium ont une vie courte et vraisemblablement très
inconfortable (il y a bien-sûr de rares exceptions mais elles pèsent
peu face aux millions de poissons rouges sacrifiés chaque année
par une maintenance en bocal/mini-aquarium).
Bref, petit aqua ou bocal = concentration de déchets organiques toxiques
(le filtre n'arrivant pas à tous les éliminer), eau sale et
malodorante, développement d'algues, entretien malaisé, espérance
de vie des poissons rouges très courte et conditions de vie inconfortable
(l'ammoniaque brûle les branchies par exemple).
La "règle" des 40-50 litres par poisson est cependant simplificatrice, en ce sens qu'elle ne tient
pas compte du poids des poissons et donc de la quantité totale de déchets
qui sont produits par ceux-ci (car plus les poissons sont gros, plus ils produisent
de déchets). Ainsi, les gros specimens de poissons rouges auront naturellement besoin d'un volume et d'un espace de nage
beaucoup plus importants pour rester en bonne santé,
jusqu'à 100 à 200 litres d'eau par poisson selon les cas.
Que veut dire : "siphonner le gravier d'un aquarium"
?
Cela signifie aspirer les déchets (morceaux de feuille, restes de nourriture non consommée, excréments) déposés dans le sable ou le gravier au moment du changement d'eau. On utilise pour cela un syphon ou "aspirateur à déchets" (quelques euros en animalerie), ce qui rend les changements d'eau beaucoup plus faciles et efficaces. Si les déchets restent coincés dans le sables, certains vont donner des nitrates et phosphates (= développement d'algues) et la dégradation de ceux qui sont en milieu anaérobie (= milieu sans oxygène) peut laisser échapper des gaz malsains. Donc gravier "propre" = poissons en meilleure santé.
Doit-on passer la mousse du filtre de temps en temps sous
l'eau du robinet pour la nettoyer ?
Surtout pas. Le chlore présent dans l'eau du robinet détruirait une bonne partie des bactéries épuratrices permettant la filtration biologique de l'aquarium. Rincez-la rapidement avec de l'eau prélevée dans l'aquarium et remettez-la immédiatement après dans le compartiment du filtre. Pour plus d'infos sur l'entretien, merci de vous rendre sur la page consacrée à l'entretien de l'aquarium
Est-ce qu'un aérateur est vraiment indispensable
?
L'aérateur (ou pompe à air ou encore "bulleur")
n'est pas forcément nécessaire pendant la journée en
aquarium planté et avec un mouvement visible en surface (causé
par la sortie du filtre par exemple) : il est même à juste titre
critiqué car il laisse s'échapper le CO2 permettant une bonne
pousse des plantes, celles-ci produisant pendant la journée de l'oxygène.
Toutefois, dans le cas d'un aquarium peu ou pas planté, sans aucun
mouvement de surface ou encore si les poissons remontent souvent à
la surface pour aspirer de l'air, c'est un moyen indispensable pour permettre
une meilleure oxygénation de l'eau.
Pendant la nuit, les plantes entrent en compétition avec les poissons
pour l'oxygène : brancher un aérateur la nuit est un moyen efficace
de permettre l'oxygénation de l'eau (des bulles fines sont plus efficaces
que de grosses bulles). C'est enfin un outil salutaire en cas de canicule
car plus l'eau est chaude moins sa capacité en oxygène est importante.
Plus d'infos sur ce petit appareil dans la section consacr´ee à l'oxyg´enation de l'eau.
Combien d'années vivent les poissons rouges ?
La durée de vie des poissons rouges varie en fonction des conditions de vie, de la "qualité" des poissons et de la variété : 5 à 10 ans sont courants, 15 ou 20 ans ne sont pas si rares. Le record est ... de 43 ans !
Comment reproduire mes poissons rouges ?
La reproduction des poissons rouges est beaucoup plus facile et obtenue spontanément dans les gros bacs ou en bassin. Alternativement, la mise en place d'un bac de reproduction de bon volume peut donner d'assez bons résultats. Pour plus d'infos, veuillez vous rendre sur la page consacrée à la reproduction des poissons rouges
Comment distinguer les mâles des femelles ?
Reconnaître les mâles des femelles est difficile. Le seul indice étant que les mâles développent assez souvent au début du printemps ou été des "points de noce" caractéristiques à l'arrière de la tête (juste quelques petits points à l'arrière de la tête mais pas sur tout le corps comme ce serait le cas avec la maladie des points blancs).
Est-il possible d'associer des poissons rouges communs
à des variétés à longs voiles ?
En principe, il vaut mieux éviter d'associer variétés au corps allongé et à nageoire caudale simple, des poissons plus vifs et plus joueurs, aux variétés à queues de voile et au corps plus compact, plus placides et surtout plus lentes. Ceci peut en effet poser des problèmes de mordillement incessant des nageoires des poissons les plus lents en plus d'un accès inégal à la nourriture.
En aquarium, pour des poissons adultes, 2 repas par jour de 3 minutes chacun suffisent, par exemple le matin et le soir (3 distributions pour des juvéniles). La base de l'alimentation est constituée de flocons, granulés ou autres paillettes, en alternant, de temps en temps, avec un complément végétal (petits pois, courgette et autres végétaux bouillis quelques minutes puis passés rapidement à l'eau froide et émiettés). Pour donner une idée, l'estomac du poisson rouge (bien que mal différencié de l'intestin) est à peu près de la taille de son oeil et les nourritures du commerce sont très riches et concentrées : bien veiller à ne pas trop distribuer. Un jour de diète par semaine est aussi souvent préconisé. Pour en savoir plus sur l'alimentation des poissons rouges, veuillez cliquer sur la section alimentation dans le menu de gauche.
Au secours ! Mon poisson rouge japonais flotte à
la surface, dans l'impossibilité de replonger ou bien nage erratiquement,
incapable de contrôler sa direction !!!
Rendez-vous sur la page traitant des dysfonctionnements de la vessie natatoire : symptômes et solutions possibles
Je possède un aquarium d'une cinquantaine de litres
aves 4 poissons rouges adultes et un combattant : plusieurs de mes poissons
ont attrapé des points blancs ...
Premier (gros) problème : votre bac est surpeuplé donc l'eau est très certainement de qualité médiocre, ce qui rend vos poissons plus sensibles à certains pathogènes (ici, un parasite). Deuxième problème : le combattant, qui est une poisson tropical aux nageoires bien tentantes, n'est pas à sa place avec des poissons rouges.
Qu'est-ce
que le cycle de l'azote ?
L'azote est un élément fondamental de toute
matière vivante. Dans un aquarium contenant poissons, plantes, crustacés,
etc, des déchets organiques sont constamment libérés
dans le système (déjections, feuilles mortes, restes de nourritures
...)
Tous ces déchets sont dans un premier temps transformés par
des bactéries en ammoniaque, une toxine très dangereuse pour
tous les habitants de l'aquarium si elle n'est pas éliminée.
Le cycle de l'azote représente les transformations que cet ammoniaque
va subir pour être transformé finalement en nitrates, nettement
moins toxiques. Ce "traitement biologique" passe par l'action de
milliards de bactéries qui vont l'utiliser comme source d'énergie
...
Un premier type de bactéries, appelées Nitrosomonas se chargent
d'abord de transformer l'ammoniaque (NO3-) très toxique en nitrites
(NO2-) un peu moins toxiques; ensuite, d'autres bactéries, les Nitrobacter
et surtout les Nitrospira, vont transformer les nitrites en nitrates (ceux-ci
étant peu toxiques sauf à hautes doses).
Cette série de transformations s'effectue de manière constante
et "en boucle" dans l'aquarium (du moins tant qu'il y aura du "carburant"
pour nos bactéries) : c'est pourquoi on parle de "cycle azoté".
Malheureusement, un aquarium récemment mis en eau ne contient que très
peu de ces bactéries et du "carburant" (l'ammoniaque donc)
nécessaire à leur développement ... Ce n'est donc qu'en
commençant à introduire les premiers poissons (plus les plantes,
les escargots ...), que va pouvoir s'amorcer le cycle de l'azote : dès
leur arrivée, les poissons vont commencer à produire des déchets,
qui vont permettre aux bactéries de commencer à se multiplier
et de coloniser progressivement le filtre mais aussi le décor, le gravier
... La mauvaise nouvelle étant qu'au début, ne disposant encore
que d'une colonie bactérienne très peu nombreuse, nos bactéries
utiles sont bien incapables de "traiter" tous ces déchets,
qui s'accumulent dangereusement.
Pendant les premières semaines qui suivent l'arrivée des poissons,
l'ammoniaque puis les nitrites vont donc s'accumuler dans le nouveau bac,
jusqu'à ce que les bactéries se soient enfin suffisamment multipliées
pour pouvoir traiter efficacement ces déchets. Pendant ces quelques
semaines, afin de réduire la concentration de matières toxiques
et d'épargner les poissons, il faudra alors procéder à
des changements d'eau partiels très réguliers. La durée
de mise en place du cycle azoté, à l'issue de laquelle on ne
détectera plus d'ammoniaque ni de nitrites, est variable : de 3 à
8 semaines en général. Pendant toute cette période, il
ne faudra en aucun cas ajouter de nouveaux poissons car cela ne ferait qu'ajouter
à la pollution existante. Il est en outre recommandé de démarrer
un aquarium avec une population minimale de poissons afin de minimiser la
quantité de déchets produits.
Remarque : les nitrates, le produit final, peuvet être réduits
significativement de deux façons : d'abord en procédant à
des changements partiels de l'eau régulièrement (une fois par
semaine ou par quinzaine); ensuite en plantant l'aquarium (les nitrates sont
partiellement absorbées par les plantes, qui leur sert d'engrai). Les
nitrates ne sont nocifs pour les poissons rouges qu'à hautes doses
(peuvent créer des dysfonctionnements de la vessie natatoire, un développement
ralenti) mais de petits quantités peuvent suffire à alimenter
une grande quantité d'algues !
Remarque : il existe une méthode alternative de mise en place
du cycle dite "fishless cycling" : elle consiste à introduire
directement une dose précise d'ammoniaque (le carburant premier des
bactéries) dans le bac sans aucun poisson et à attendre que
les bactéries se développent (solution plus éthique car
aucun poisson ne souffre lors de la mise en place du cycle). Quand l'ammoniaque
a disparu, cela indique que les bactéries épuratices se sont
suffisamment développées : on peut donc introduire les premiers
poissons en toute sécurité. Vous trouverez plus d'infos sur cette technique ici:
le fishless cycling, une méthode alternative douce de maturation du
filtre (lien externe, nouvelle fenêtre)
Comment tester l'ammoniaque et les nitrites ?
Il suffit d'acheter un test en animalerie. Il sont généralement composés d'une ou plusieurs bouteilles de réactif, d'une éprouvette et d'une pipette. La lecture se fait grâce à une petit carte chromocodée. Ils permettent de faire un nombre important de tests, sont généralement très simples à utiliser et sont assez précis. Il existe aussi des tests "tout en un" qui se présentent sous la forme de petites bandelettes et qui permettent de tester en une seule fois plusieurs paramètres, tels l'ammoniaque, les nitrites et le pH.
Mon test d'ammoniaque indique que celui-ci existe sous
deux formes différentes : qu'est-ce que cela signifie ?
L'ammoniaque peut se trouver sous deux formes différentes dans l'aquarium : NH3 et NH4+. La première forme est la plus toxique et se retrouve en milieu alcalin (pH supérieur à 7). La seconde est relativement moins toxique. Aussi, et là est l'essentiel, plus le pH et la température sont élevés, plus la concentration d'ammoniaque se retrouvera sous sa forme la plus toxique (NH3), selon une courbe exponentielle. Un bon test devrait ainsi permettre une lecture de la concentration de l'ammoniaque selon le pH, afin de pouvoir évaluer de manière fiable sa toxicité (testez alors parallèlement votre pH).
Quelles sont les causes de la présence d'ammoniaque
et de nitrites dans un aquarium ?
Les plus courantes sont un aquarium dont le cycle de l'azote
n'est pas établi (aquarium récemment mis en eau), un problème
de surpopulation ou bien un trop grand nombre de poissons ajoutés d'un
seul coup (les bactéries du filtre sont débordées).
Autres facteurs possibles : entretien inadapté (exemple : masse filtrante
rincée à l'eau du robinet = destruction d'une partie des bactéries);
oxygénation insuffisante ou température excessive ; filtre :
taille ou débit insuffisant, panne de filtre; distribution excessive
de nourriture ...
Qu'est-ce qui peut permettre d'accélérer
la mise en place du cycle de l'azote ?
La température est un des nombreux paramètres
à prendre en compte : les bactéries se multiplient moins vite
dans l'eau froide (elles peuvent même cesser de se multiplier dans une
eau très froide).
Pour faciliter et accélérer significativement la mise en place
du cycle azoté dans un nouvel aquarium, il est possible de prélever
un morceau de la masse filtrante d'un aquarium déjà bien établi
et de l'installer dans le compartiment du nouveau filtre ou bien d'en presser
le jus marron riche en bactéries- en s'assurant bien-sûr que
cet aquarium n'a pas connu de maladies récemment - (remarque : utiliser
de l'eau vieillie est aussi possible mais c'est certainement moins efficace).
On veillera cependant à transporter la masse filtrante à transférer
dans un sac contenant uniquement de l'eau prélevée dans l'aquarium
d'origine. Enfin, certains produits du commerce censés accélérer
le cycle de l'azote peuvent être utilisés mais leurs résultats
sont généralement contrastés.
L'utilisation d'un conditionneur d'eau lors des changements
d'eau est-elle indispensable ?
Pas forcément. Ainsi, si votre eau du robinet ne contient pas de chloramine (voir ci-dessous) et qu'elle est de bonne qualité par ailleurs, une méthode plus "naturelle" peut simplement consister à la laisser reposer pendant 48 heures avant de l'ajouter à votre bac : le chlore tel quel s'évapore en effet très facilement. Pour accélérer le processus, branchez un aérateur pour bien brasser l'eau et faire s'évaporer le chlore. N'oubliez pas enfin que la température de l'eau utilisée lors du changement d'eau doit approcher le plus possible de celle de votre bac (des changements d'eau avec une eau trop froide peuvent favoriser l'apparition de la maladie des points blancs par exemple).
La chloramine : qu'est-ce que c'est ?
Assez récemment dans plusieurs pays, certaines municipalités
ont commencé à utiliser de la chloramine pour traiter l'eau
du robinet. Il s'agit d'une association de chlore et d'ammoniaque et qui permet
au chlore de rester actif plus longtemps (le chlore s'évapore facilement
mais sa liaison avec l'ammoniaque prolonge son efficacité).
Aucun danger pour l'homme mais pas pour les poissons : l'ammoniaque les empoisonne,
même à petites doses. Il s'agit certes d'un problème récent
et encore limité géographiquement mais préoccupant pour
l'aquariophile : le plus simple est de prendre contact avec sa mairie ou bien
avec la compagnie de distribution de l'eau locale et de demander si ce produit
est utilisé ou non.
Si la réponse est positive, plusieurs possibilités s'offrent
à vous : certains fabricants de produits destinés à traiter
l'eau du robinet conseillent de doubler voire de tripler la dose. Outre que
cette solution peut paraître bien coûteuse, elle n'est guère
efficace non plus : doubler la dose revient certes à casser l'association
chlore/ammoniaque et, en libérant le chlore, celui-ci peut être
éliminé (un bon point mais c'est insuffisant). En effet, l'ammoniaque
est alors libérée dans votre système, ce qui n'est vraiment
pas souhaitable puisqu'un changement d'eau, normalement destiné à
entretenir votre système, reviendrait alors à introduire de
l'ammoniaque nocive !
Heureusement, de plus en plus de produits se chargent désormais de
l'élimination de ces deux substances nocives : il convient donc de
bien lire l'étiquette avant d'acheter son conditionneur d'eau pour
vérifier s'il se charge aussi de neutraliser la chloramine et d'acheter
un produit reconnu. Certains argueront toutefois que l'efficacité totale
de ces produits dans la neutralisation de l'ammoniaque reste à démontrer
: aussi, pour minimiser les risques, vous pouvez tout simplement fractionner
vos changements d'eau (par exemple 15 litres par semaine pour un aquarium
x ou y au lieu de 30 litres par quinzaine par exemple).
Le chlore est-il aussi néfaste à la colonie
de bactéries bénéfiques présentes dans mon aquarium
?
OUI. Logiquement, le chlore détruit aussi ces bactéries puisqu'il s'agit d'un ... bactéricide. C'est la raison pour laquelle on utilise un conditionneur d'eau lors de tout changement d'eau et qu'il ne faut jamais nettoyer la mousse de son filtre à l'eau du robinet. On se contentera pour cela de prélever une petite quantité de l'eau du bac (dans une petite bassine ou une écuelle par exemple) et d'y rincer la masse filtrante afin de la débarrasser du plus gros des déchets qui ont pu s'y incruster. Vous conserverez ainsi suffisamment de bactéries pour prolonger l'efficacité de la filtration biologique.
Quels espaces sont prioritairement colonisés par
les bactéries ? Combien d'espèces de bactéries entrent
dans le processus d'oxydation de l'ammoniaque ?
TOUS ! Mais 90% des bactéries colonisent d'abord
le sol, le décor et bien-sûr la masse filtrante (les matériaux
filtrants très poreux sont les meilleurs). Vous pourrez donc faire
des changements d'eau partiels salutaires en cas de détection d'ammoniaque
ou de nitrites sans risquer de trop ralentir la mise en place du cycle azoté.
Traditionnellement, on évoque le rôle primordial des bactéries
Nitrosomonas et Nitrobacter : en réalité, plusieurs centaines
seraient impliquées !
Quels types d'eau sont à proscrire en aquariophilie
?
Selon les cas -->> l'eau de pluie est parfois utilisée mais elle introduit un petit risque de pollution chimique (et encore plus si elle est mal récupérée) aussi je ne la conseillerais pas. En outre, elle devrait être systématiquement coupée avec de l'eau du robinet ou reminéralisée avec des produits du commerce car sa dureté est quasi-nulle (ce qui cause des variations de pH très dangereuses) : pour les poissons rouges, qui apprécient une eau relativement dure, de pH neutre à alcalin, utiliser de l'eau de pluie a donc peu d'intérêt. L'eau du puit ou de la source est utilisable après analyse (peut contenir des polluants inattendus, des nitrates...)
Systématiquement déconseillée -->> l'eau distillée (ou osmosée) utilisée pure serait totalement impropre à la vie car sa dureté est nulle : elle doit être impérativement reminéralisée en fonction de la dureté recherchée; l'eau provenant du purificateur d'eau domestique : si elle convient à l'alimentation humaine, elle est en revanche à proscrire en aquariophilie car le pH est inadapté et le processus de filtration rejette du sodium.
Le pH mesure l'acidité ou au contraire l'alcalinité
de l'eau. Il est mesuré à l'aide d'une échelle graduée
de 0 à 14. Le chiffre 7 correspond à une solution neutre.
Les valeurs supérieures à 7 sont dites basiques ou alcalines;
les valeurs inférieures à 7 sont acides. La lecture du pH
est logarythmique : un changement de 1pH correspond à une multiplication
de 10 de l'acidité ou de la basicité. Prenons un pH de 5 :
il est 10 fois plus acide qu'un pH de 6 mais 10 fois moins acide qu'un pH
de 4 . De même, un ph de 8 est 10 fois plus basique qu'un pH de 7
et 100 fois plus basique qu'un pH de 6. En aquariophilie, bien-sûr,
les extrêmes n'ont pas de sens : la plupart des poissons et des plantes
préfèrent un pH compris entre 6.0 et 8.0, et seulement quelques
espèces exigeront des valeurs plus acides ou au contraire plus alcalines.
Ainsi, le poisson rouge est adaptable mais préfère un pH neutre
à assez alcalin (de 7.0 à 8.0 idéalement, une eau acide
n'est pas recommandée).
On teste communément le pH grâce à des kits qui se présentent
sous la forme d'une pipette, d'un petit tube à essai dans lequel
on place un échantillon d'eau à tester et quelques gouttes
de réactif : on compare alors la couleur obtenue à un tableau
des résultats chromocodé (ces tests sont relativement précis
en général mais l'interprétation des différentes
couleurs demeure assez subjective). D'autre kits proposent un système
voisin : au lieu d'un tube à essai et d'une solution réactive,
ils se présentent sous la forme de bandelettes de couleurs différentes.
Enfin, une mesure du pH grâce à un pH-mètre peut aussi
être réalisée mais l'achat de cet appareil reste assez
onéreux (quoiqu'il s'agisse d'un achat unique, à la différence
des tests en kits). La fréquence et l'utilité même des
tests dépendra largement de la stabilité ou de l'instabilité
éventuelle du pH dans votre bac.
Dans l'hypothèse où votre eau semble s'acidifier plus ou moins
rapidement, il vous faudra tester régulièrement. Les tests
devront être effectués à la même heure de la journée,
de préférence l'après-midi car, pendant la journée,
les plantes produisant de l'oxygène et utilisant le gaz carbonique,
le pH peut augmenter légèrement; en revanche, le phénomène
s'inverse la nuit puisque plantes et poissons consomment de l'oxygène
et rejettent du gaz carbonique : le pH peut alors diminuer légèrement.
Cette simple précaution évitera les erreurs d'interprétation.
Si cette fois vous suspectez de fortes variations du pH au cours de la journée,
il faudra tester le pH à deux reprises, le matin et le soir, afin
d'en déterminer l'amplitude exacte : un pH instable réclamera
toujours de prendre des mesures urgentes. La première mesure étant
d'abord de procéder à un changement partiel de l'eau : en
remplaçant l'eau ancienne avec de l'eau neuve, vous ajouterez de
l'effet-tampon (il s'agit de substances minérales dissoutes qui se
seraient progressivement épuisées dans votre bac et dont la
propriété est d'opposer une certaine résistance aux
changements de pH) .
Pour ceux dont l'eau eau est dure en revanche, il n'y a guère de
chances de voir le pH varier : l'eau dure contient en grande quantité
ces substances dissoutes freinant les variations du pH et des changements
d'eau réguliers suffiront à la "recharger" en substance-tampon.
Les poissons rouges sont beaucoup mieux 'armés que la plupart des
autres espèces à endurer un pH plutôt inadéquat
: toutefois, on veillera bien à leur offrir une eau compatible avec
leur bien-être. Un pH beaucoup trop faible (généralement
dans un bac surpeuplé et surchargé en déchets organiques)
peut provoquer une acidose : les symptômes (qui ne sont pas exclusifs,
d'où l'intérêt de faire un test !) sont généralement
l'apathie et le refus de s'alimenter, une sursécrétion de
mucus, des nageoires où apparaissent des nervures de sang. Un pH
très élevé peut provoquer, mais c'est beaucoup plus
rare, une alcalose (mais surtout augmente la toxicité de l'ammoniaque)
: le poisson reste à la surface incapable de respirer correctement
et secrète énormément de mucus. Au-delà, rappelons
que les variations brutales du pH sont le danger principal car elles stressent
fortement les poissons.
Qu'est-ce qu'un taux "acceptable" d'ammoniaque
et de nitrites ?
Dans un aquarium établi, ces deux taux doivent être à zéro. Toutefois, si le cycle de l'azote n'est pas encore complètement établi dans un nouvel aquarium, on détectera leur présence et il faudra procéder régulièrement à des renouvellements partiels de l'eau (idéalement à partir d'un taux de 0.25-0.50 mg/l) afin de soulager les poissons (ammoniaque et nitrites sont très toxiques). N'achetez pas de nouveaux poissons tant que ces deux taux ne sont pas redescendus à zéro.
A quoi sert le charbon actif ?
Le charbon actif est une filtration complémentaire dite "chimique" destiné à clarifier l'eau, absorber les contaminants (ex : métaux lourds), le chlore et les résidus médicamenteux. Le charbon actif n'est néanmoins pas recommandé à long terme si l'aquarium est planté car il absorbe aussi une partie des substances nécessaires à une bonne croissance des plantes. Il n'élimine pas l'ammoniaque et les nitrites (mais il existe d'autres résines destinées à cet usage).
J'ai entendu dire qu'il était impossible d'avoir
un beau bac planté avec des poissons rouges (car ils mangent sytématiquement
toutes les plantes) ...
C'est partiellement inexact. Les poissons rouges s'attaquent uniquement aux plantes les plus fragiles (feuilles et tiges délicates). Mais il existe heureusement des plantes qu'ils trouveront bien peu digestes ! Aussi, il faut savoir qu'une distribution régulière de "vert" réduit considérablement le risque de les voir s'attaquer à vos plantes. Pour en savoir plus sur les plantes aptes à résister à l'appétit des poissons rouges, vous trouverez des infos dans la section consacr´ee aux plantes.
Puis-je ajouter du sel pour aquarium ? Quelle quantité
? En quoi est-ce bénéfique ?
Eventuellement. Dans le bac à poissons rouges, le
sel pour aquarium est traditionnellement utilisé à titre préventif
mais aussi pour assister certains traitements (voir la section consacrée
aux maladies) ou encore pendant le transport. Dosé correctement,
il est sans danger pour les bactéries du filtre. Le sel pour aquarium
est particulièrement indiqué dans la lutte contre les infections
parasitaires. Il réduit aussi les effets causés par la présence
de nitrites. Il est important de noter qu'il ne s'évapore pas (ceci
afin de ne pas surdoser : après un changement d'eau, ajouter uniquement
la dose correspondant au volume d'eau changé). Il est possible d'utiliser
un sel spécial aquarium bien que tout sel non fluoré et sans
additifs fasse l'affaire (sel de Guérande par exemple). Bien lire
la notice du fabricant pour connaître les doses.
De par la simple constatation que le poisson rouge est un poisson d'eau
douce après tout et que des effets négatifs à long-terme
ne peuvent être exclus, la conduite la plus sage, à mon sens,
consisterait à l'utiliser uniquement dans le cadre de certains traitements
(contre les maladies parasitaires type points blancs par exemple) ou pour
un transport long et stressant mais pas de manière régulière.
Remarque importante : plusieurs espèces de poissons exotiques dites
"sans écailles" y sont intolérantes. Et la plupart
des plantes n'apprécient pas non plus le sel sur le long-terme.
Peut-on associer des poissons tropicaux à des
poissons rouges ?
C'est en principe déconseillé. Pas seulement
parce qu'ils ne paraissent pas vraiment "à leur place"
à côté des poissons rouges mais surtout parce qu'ils
ont des exigences assez souvent bien différentes :
-incompatibilité possible des températures (les poissons rouges
peuvent s'adapter mais ce n'est pas l'idéal);
-incompatibilité éventuelle du pH (par exemple, des néons
apprécient une eau acide à neutre tandis que les poissons
rouges préfèrent une eau neutre ou alcaline);
-problèmes éventuels d'accès à la nourriture
pout telle ou telle espèce de poissons;
-les poissons rouges produisent des déchets organiques en quantité
massive : alors qu'ils sont relativement tolérants quant aux paramètres
de l'eau - par exemple la concentration en nitrates - les poissons tropicaux
le sont souvent moins;
-last but not least, les poissons rouges ne sont pas des prédateurs
mais ils sont quand même tout à fait capables d'avaler de très
petits poissons à l'occasion (du moment que cela tienne dans leur
bouche ...)
Ceci dit, à condition de disposer d'un volume suffisant (150 litres
et plus), il y a bien quelques candidats envisageables, par exemple Ancistrus
temminckii, un poisson de fond dont la taille adulte reste raisonnable (10-12
cms) et qui se contentera d'une eau chauffée à 22°C :
c'est un mangeur d'algues mais lorsque celles viennent à manquer,
on doit impérativement lui distribuer un complément végétal
à la nuit tombée (courgettes, épinards, laitue, pommes
de terre, petits pois ...) plus des comprimés de fond pour plécos.
La distribution toutes lumières éteintes lui permettra de
ne pas se faire chiper sa part par les poissons rouges (qui aiment bien
tous ces végétaux eux aussi).
Avant de tenter toute association, voici une petite liste de paramètres
à vérifier pour (in)compatibilité éventuelle
: température; pH et dureté de l 'eau; alimentation; taille
adulte (je vous conseille avant achat de faire une recherche sur internet
en plus de demander au vendeur car quelques vendeurs peu scrupuleux n'hésiteraient
pas à vendre un petit poisson ... qui fera 40 ou 50 cms une fois
grand ...); comportement (poisson sociable ou non).Cits:
bfraz / CC licence
