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vous êtes à : >> anatomie et biologie du poisson rouge : peau, couleurs, nageoires, sens (partie 1)
1. La peau et la couleur des poissons
L'épiderme, la couche supérieure de la peau, recouvre l'extérieur des écailles. Il génère le mucus, une substance gluante et collante, qui joue à la fois un rôle protecteur contre les agressions extérieures (physiques, infections, parasites) et un rôle de lubrifiant permettant d'améliorer la vitesse du poisson. Juste en dessous se trouve le derme, lequel renferme les cellules responsables des modifications de couleur et d'apparence des poissons.

Crédit photo : kztk, sous licence CC BY
Ces cellules sont soit :
-chromatophores : elles sont colorées
par 3 pigments. Les cellules érythrophores
sont des chromatophores orangé-rouge; les xantophores
sont jaune; les mélanophores enfin portent
le noir.
-guanophores: elles contiennent des cristaux de
guanine, responsables des teintes métalliques des poissons.
-iridophores : polarisent la lumière sur
le modèle d'un cristal ou d'un prisme.
La couleur des poissons rouges est influencée
d'abord par l'environnement dans lequel ils vivent, à commencer par
la lumière. C'est pourquoi les poissons rouges élevés
dans un environnement sombre (par exemple en rivière ou dans un bassin
très profond) ne montrent pas les plus belles couleurs. Le stress peut
aussi faire pâlir les poissons (effet de la contraction des pigments).
Certaines variétés
de poissons rouges changent de couleurs plusieurs fois au cours de leur vie
: c'est un processus normal. Les poissons qui pâlissent peuvent donc
être nourris avec davantage d'aliments contenant des carotènes.
Aussi, certains aliments du commerce ont été spécialement
formulés à cet effet : Hikari, Sera, Tetra et d'autres encore
proposent d'excellents produits à cet effet.
Les écailles des poissons rouges sont imbriquées à la manière des tuiles d'un toit. Les écailles grandissent avec le poisson, sont remplacées si elles sont endommagées mais leur nombre reste constant. Un examen au microscope révèle des anneaux, un peu similaires à ceux du tronc d'un arbre : ils peuvent également servir à déterminer l'âge des poissons s'ils ont été élevés en bassin et donc soumis aux variations saisonnières de température (les anneaux sont plus espacés pendant la saison chaude dans la mesure où le poisson grossit le plus rapidement pendant cette période; à l'inverse, des anneaux peu espacés marquent la saison hivernale, où la croissance des poissons est très ralentie). En aquarium, la constance des paramètres rend cette technique caduque.
Attention : il faut éviter à tout prix de toucher les écailles des poissons avec des mains sèches car, en adhérant à l'épiderme des poissons, cela détruirait le mucus dont elles sont recouvertes et pourrait favoriser l'apparition d'infections.
2. Les nageoires et la propulsion

Exemple du poisson rouge commun
: la nageoire caudale ("la queue") participe
à la propulsion du poisson. Les nageoires anales
et dorsales ont une fonction stabilisatrice, en
vitesse lente ou à l'arrêt. Les nageoires
pectoraleset pelviennes permettent au poisson
d'ajuster sa trajectoire (changements de direction haut + bas + droite + gauche),
d'accélérer ou de ralentir; elle jouent également un
rôle de stabilisation.
Chez le poisson rouge commun, les nageoires dorsale, caudale et anale sont
impaires alors que les nageoires pelviennes et pectorales
sont paires.
Mais selon la variété, ces caractéristiques seront bien
différentes : par exemple, chez une variété plus sophistiquée,
telle le Ryukin, toutes les nageoires seront paires à l'exception de
la dorsale.
De nombreuses variétés de poissons rouges se caractérisent notamment par l'absence d'une ou plusieurs nageoires : par exemple, le Ranchu et les têtes de lion n'ont pas de nageoire dorsale.
3. Les sens des poissons
-a- la vue. Première constatation : les poissons n'ont pas de paupières (elles nous servent notamment à garder notre oeil humide mais cela devient inutile quand on vit dans l'eau !) Mais ils ont bien une rétine (qui permet d'accommoder la lumière) : celle-ci absorbe une très grande quantité de lumière - ce qui permet à certaines espèces de continuer à voir dans une obscurité où même un chat ne verrait plus rien - mais ne s'adapte que lentement aux variations brusques (ce qui explique que si on allume brusquement la lumière du bac, sans transition, les poissons peuvent sembler désorientés ... d'autant qu'ils n'ont pas de paupières pour se protéger).
-b- l'ouïe. Les poissons rouges peuvent entendre : leur oreille est cependant très différente de la nôtre car elle est uniquement interne. Une série de vertèbres la connecte à la vessie natatoire, laquelle amplifie les vibrations. Cependant, l'eau ne transmet pas les vibrations de la même manière que l'air : les sons circulent plus vite que dans l'air mais sont très déformés.
-c- l'odorat. Il est extrêmement développé et joue un rôle essentiel dans la détection de la nourriture et dans la sexualité : les narines ne communiquent cependant pas avec la bouche et ne peuvent donc servir à respirer (c'est le rôle des branchies).
-d- le goût. Il agit en symbiose avec l'odorat : les poissons possèdent des papilles gustatives dans la bouche, la gorge et les narines.
-e- le toucher n'est probablement pas très développé chez les poissons rouges puisqu'ils ne possédent pas de barbillons (contrairement à leur cousine la carpe), lesquels jouent un rôle tactile et sensitif mais les poissons peuvent sentir s'ils sont touchés (ce que je déconseille de faire).
-f- la ligne latérale présente chez les poissons est remarquable : de l'arrière de la tête jusqu’à la nageoire caudale, cette ligne très visible permet aux poissons de détecter les changements de vibrations et de pression les plus subtils. C'est la ligne latérale qui permet notamment à des milliers de poissons de nager en bancs sans jamais se heurter; mais elle est aussi indispensable afin d'appréhender le plus tôt possible l'arrivée d'un éventuel prédateur, même dans l'obscurité.
Les poissons peuvent-ils souffrir ?
Ceci ne fait plus aujourd'hui aucun doute ... Un article récent sur
le sujet nous dit (Alex Kirby, BBC, avril 2003) : "la première
preuve sérieuse de la perception de la douleur aurait été
découverte par des scientifiques britanniques (...) Les poissons ont
des récepteurs de la douleur, comme nous (...) Les scientifiques ont
découvert des zones sur la tête des truites qui répondent
à des stimuli entraînant des dommages. Il ont aussi trouvé
que les poissons montraient des réactions lorsqu'ils sont exposés
à des substances dangereuses. La question de savoir si les poissons
sentent ou non la douleur a été très longtemps un sujet
de discussion entre pêcheurs et activistes pour la cause animale. La
recherche, menée par une équipe de l'Institut Roslin de l'Université
de Edimbourg est publiée par l'académie nationale des sciences
britannique (...) Les chercheurs, conduits par le Dr Lynne Sneddon, disent
que la réaction comportementale et physiologique des truites après
exposition à des substances nuisibles est comparable à celle
des mammifères les plus évolués."
Les causes de souffrance sont multiples : l'exposition à des polluants
(ammoniaque, nitrites, produits ménagers), des événements
stressants (il est utile d'apprendre à ses enfants de ne jamais taper
contre le verre d'un aquarium), des blessures ...
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>> suite : la respiration et le cerveau des poissons


